Colchique dans les prés.

Bonjour mes petits amis du Bixte en Ciel. Aujourd’hui, un article un peu à brûle pourpoint pour changer. Juste sortie des salles de cinéma, je me permets de venir partager mes impressions sur Karigurashi no Arrietty, Arrietty le petit monde des chapardeurs en gaulois, le dernier film des studios Ghibli. Alors oui, il n’y aura pas vraiment de recul dessus, mais l’envie de parler me démange trop fortement pour laisser passer ça. Pour les non-habitués, le spoil est probable.

Une jolie gouache. Aoringo17.

Il y a eu tout d’abord les impressions d’Exelen, en juillet dernier, vu que la demoiselle est “at home”. Elle nous comptait son ravissement à la vue du film, les qualités tant graphiques qu’émotionnelles, mais également une légère noirceur, une mélancolie qui la prise en fin de visionnage. Un peu surpris par le propos, l’attente fût longue avant de pouvoir le regarder en paix dans une salle remplie de trois personnes grand maximum (hors jour de sortie et week end, c’est vraiment le panard). Puis, la semaine dernière, il y a eu notre raton tiret laveur national, profitant de son coming out surprise pour en parler. La, le ton était un peu plus dur, avec notamment une grosse critique sur les deux parties du film, et un arrière gout pas franchement top. Un rêve d’enfant qui n’en est pas un, serait la formule la plus appropriée. C’est avec ces idées en tête que je suis donc aller voir ce petit film. Aurait il mieux valu ne pas les lire ? Rien n’est moins sur.

Petit crayonné. Yoshito.

Je ne vais pas faire ici une vulgaire redite du raton, mais il est bon de savoir à quoi vous vous exposez. Effectivement, le film est coupé en deux. Effectivement, le corbeau est vraiment un enfoiré. Effectivement, la seconde partie est assez violente. Soyons d’accord, nous parlons de violence dans un Ghibli sur des petits êtres qui chapardent dans les maisons, donc vous n’aurez bien évidemment pas droit à des gerbes de sang ou des robots géants qui transpercent la physique. Le gros soucis, comme souligné par mon confrère, est vraiment la dichotomie qui s’opère entre le coté planant de la première partie, très proche effectivement d’un Totoro, et l’ambiance limite malsaine de la seconde. Sa présence n’est  pas inutile en soi, elle est juste malvenue, au sens littéral. Elle n’a rien à foutre la. Ou alors, c’est la première partie qui l’est. En tout les cas, en l’état, le mix des deux donne un résultat mi figue mi raisin. L’histoire en elle même n’étant pas franchement terrible, on en vient à se demander si il n’aurait pas été mieux de faire tout le film sur ce coté enfantin, planant et prenant.

Alors oui, tout le pitch se base sur le faite qu’il s’agisse d’une rencontre fugace, qu’Arrietty et sa famille doivent partir et que Sho doit continuer à se démerder tout seul avec personne pour l’aider. Oui, quand on lit ça, on comprend que le film puisse faire déprimer. Seulement, était il vraiment nécessaire d’en faire autant ? Le plaisir de voir des petits êtres évoluer dans une maison d’humains, les trésors d’ingéniosités pour se mouvoir (le scotch double face, idée de génie !), la joie simple sur certains plans plus que beaux, tout cela créé une ambiance plaisante. Un petit caché que nous n’avions pas vu depuis belle lurette pour être franc. A coté de tout ça, vous allez vous manger du pathos tellement simple qu’il en est effroyable. Ce n’est pas compliqué, à la sortie du film, les gens dans la salle ne riaient pas, n’étaient pas content d’être venu, n’avaient pas cette petite étoile au fond des yeux. Et vu le peu de gens, on peut se dire qu’ils étaient la en connaissance de cause. Pas de maman qui venait avec ses gosses braillards, pas de jeunes adolescents emmenés par un adulte qui ne s’assume pas. Juste des personnes qui voulaient rêver devant le dernier Ghibli, et qui ont vu se rêve se faire la malle à vitesse grand V.

Ce qu’on attendait. Bar-cord.

C’est pour cela que, quelque part, le faite d’avoir été prévenu n’était pas un tord. Je savais à quoi m’attendre, et malencontreusement, le résultat a dépassé mes suppositions. N’ayant pas vu le Chateau Ambulant, ayant croisé rapidement une demi heure de Terremer à la télévision et après un Ponyo vite avalé en version pas légale, je suis vraiment surpris et inquiet pour le studio en lui même, si c’est vraiment tout ce dont ils sont capables.

Bien sur, n’enfonçons pas le clou sans raison. Le film a des qualités intrinsèque qu’il est bon de ne pas oublier. L’ambiance musicale tout d’abord, mise en place par Cecile Corbel, est vraiment planante et soutient bien le film. Les chansons ne sont pas envahissantes, agréables à l’écoutes, et la musique en général est de très bonne facture, se greffant sans soucis avec le cadre général. Le son en lui même m’a particulièrement plu, quand on découvre la grande maison humaine avec Arrietty, ou tout les bruits qui nous semblent banals prennent une profondeur énorme pour un si petit être. La qualité graphique est bel et bien là, même si j’émettrais un petit bémol. Les backgrounds en soit sont très beaux, mais ne m’ont pas paru “plus” qu’un Chihiro par exemple, qui date quand même de 2001. Quelques rares plans arrivent à un degré impressionnant, mais l’ensemble en lui même n’est pas d’un niveau beaucoup plus incroyable. L’animation, ensuite, est plutôt commune. Très propre et très bien maitrisée, on en attend pas moins d’un film. Mais j’oserais dire qu’on en attend un peu plus, principalement au niveau de la vieille gouvernante qui est franchement ratés.

Une petite dernière pour la route. Gori Matsu.

Au final, une joie en demi teinte et un sale gout dans la bouche ; un film tout au mieux moyen malgré des qualités claires ; un petit coté mal monté. Je ne vous déconseille pas d’aller le voir, mais je ne pousserais clairement pas, vu comment, même en sachant comment cela tourne, on en est mal à l’aise. La moral, si on peut vraiment employer le terme, n’est pas plaisante. Le temps m’a paru long durant une bonne partie du film.

C’est regrettable, mais j’ai le sentiment que dans une semaine je l’aurais déjà oublié. Ce qui, pour un Ghibli, me fait mal au postérieur.

Et comme toujours, le lulz de fin. Quand Arrietty est sur l’épaule de Sho et qu’ils cherchent sa mère, j’ai eu envie de gueuler “GIANT ROBO ! GO !”.

4 Responses to “Colchique dans les prés.”

  1. ChaosLink dit :

    En faite, je me demandes si tu n’as ce sentiment parce que tu en attendais tout simplement trop de ce film et/ou que tu te posais trop de questions vis-à-vis des articles déjà postés…

  2. Aer dit :

    Désolé d’en attendre “trop” d’un Ghibli, mec.

  3. Lux dit :

    Ce film ne m’a pas du tout fait déprimer. Je ne comprends pas.

  4. Aer dit :

    Je n’ai pas déprimé non plus, j’ai dis que je comprenais pourquoi certaines personnes avaient ressentis ce sentiment à la fin. Tu ne comprends vraiment pas ?